Les portes

Or amer, 116 x 89 cm, 1983

Le point de passage le plus connu est la porte. C'est elle qu'on utilise pour passer d'une pièce à l'autre. On reprend ce terme pour désigner les entrées et sorties des villes. La porte est un lieu presque impalpable où deux lieux, deux mondes se touchent, communiquent, ont en commun une surface, un morceau de plan. La porte peut s'ouvrir ou se refermer. La transition est donc éphémère ou, à tout le moins, transitoire. Et le mot porte désigne non pas tant le passage que le moyen d'interdire le passage. Il est des ouvertures, des portes. On en trouve presque toujours au moins une dans les toiles de Jérôme Tisserand. Mais les portes de Jérôme ne sont pas munies de gonds, encore moins de serrures ; il n'est donc pas besoin de clés pour les ouvrir. Ce sont de simples trous, des béances entre deux mondes, deux univers peut-être même. Ces portes nous invitent au voyage. Passer par la porte étroite ou la porte basse et tout redevient lumière [...] La lumière éclatante, dans l'embrasure de la porte, nous fait croire qu'il s'agit de l'ouverture vers la paix. On peut aussi penser que la porte qu'il nous présente est celle d'un solstice d'été. Derrière brillent les feux de la nuit presque annulés par l'or du soleil et le bleu du ciel. C'est un monde de joie, de plénitude, un but sûrement, mais le Tao nous l'a enseigné : le but n'est pas le but, c'est le chemin qui est le but
Jean-Bernard Lévy, Intercession, Paris, éditions Fragments, coll. Épisode, 1996, p.50 et 66.

Lieux de conservation : Fonds municipal d'art contemporain de la ville de Paris. Musées des Beaux-Arts de Nantes, Evreux, Meaux, Bernay. Collections privées, Air France, Pierre Cardin, Saint-Gobain, Espace Malraux à Joué les Tours, Pernod, ELLE, Le repaire de Bacchus.

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